De fait, il est un peu déconcertant de voir les principales têtes d’affiche du RN affirmer, aujourd’hui, que la France n’est pas allée assez loin en matière d’adaptation au changement climatique. Dimanche, sur france info, Sébastien Chenu invoquait les rapports du Giec pour dénoncer l’inaction du gouvernement. Le député Thomas Ménagé estimait de son côté sur France Inter qu’« il faudrait être fou pour ne pas voir l’accélération » du changement climatique. Un revirement très clair, que ses opposants ne manquent pas de taxer d’opportuniste.
Le RN et l’amour des énergies fossiles
À scruter les amendements déposés par le RN à l’Assemblée ces dernières années, on s’aperçoit effectivement qu’ils ne vont quasiment jamais dans le sens de la protection du climat et de la biodiversité. Les troupes de Marine Le Pen ont proposé de supprimer plusieurs dispositifs permettant d’adapter la société au changement de températures (l’Agence nationale de l’habitat, le Fonds vert, MaPrimeRénov’…). Sans parler de l’Ademe, chargée de promouvoir et financer des solutions pour la transition écologique.
Pourfendeur de « l’écologie punitive », le parti d’extrême droite entend aussi supprimer les réglementations liées au DPE (diagnostic de performance énergétique), se privant ainsi d’un levier qui pousse les propriétaires à rénover leurs logements. De même, il propose de supprimer le ZAN (zéro artificialisation nette), alors même que la bétonisation accroît les îlots de chaleur en ville. Quant aux autres sujets majeurs liés à l’adaptation (végétalisation, gestion de l’eau…), il ne dit rien.
Enfin, concernant les enjeux cruciaux de décarbonation et de transition, le RN est l’une des dernières formations politiques à soutenir mordicus les énergies fossiles (pétrole, gaz…) et à s’opposer au développement du renouvelable. À l’Assemblée, les troupes de Marine Le Pen votent presque toujours contre les mesures visant à réduire la consommation d’hydrocarbures en France, soutenant les voitures thermiques, les chaudières au fioul, une moindre taxation du carburant, et refusant même de réguler les méga yachts et les jets privés. Quelques déclarations ne suffiront pas à sortir de trente ans de déni climatique.