À cet égard, la loi 181 de 2025, qui a introduit le délit de féminicide dans le Code pénal à l’article 577 bis, a intégré les conclusions de la communauté scientifique. L’Union européenne s’oriente dans la même direction, la directive 2024/1385 désignant expressément le féminicide et le contrôle coercitif parmi les formes de violence à l’égard des femmes. Ces lois reconnaissent un mobile spécifique, fondé sur la haine, la domination et la possession exercées sur les femmes en raison de leur condition féminine et ancré dans une culture particulière, et elles le nomment car, sans nom, il est impossible de le combattre. La dignité de chaque victime demeure identique devant la loi, et c’est précisément pour cette raison que l’identification du mobile nous aide à comprendre et à prévenir les violences.
En tant que psychologues, nous mettons notre expertise à disposition, des centres de lutte contre les violences à l’évaluation des risques, de l’accompagnement des victimes et des auteurs de violences à la formation des personnes qui accueillent les femmes dans les services. Le terme « féminicide » est le premier de ces outils, et y renoncer reviendrait à aveugler, en tant que société, ce que nous avons tant peiné à reconnaître.
Francesca Schir, Secrétaire du CNOP et Coordinatrice du Comité pour l’égalité des chances du Conseil national de l’Ordre des psychologues