
Il existe des métiers qui sauvent des vies sans jamais faire la une des journaux. Des gens qui travaillent dans l’ombre, sans applaudissements, sans reconnaissance. Vasile est l’un d’eux. Pendant quarante ans, il a sillonné les rues de la ville roumaine de Iași au volant d’une ambulance. Un matin, cinq semaines après son départ à la retraite, quelqu’un a frappé à sa porte. Et tout a changé.
Quarante ans de routes, de nuits et de sirènes
Vasile a pris son premier volant d’ambulance en 1983. Il en a raccroché les clés en 2023, à 66 ans. Entre les deux, une vie entière dédiée à une seule mission : arriver le plus vite possible.
Il a traversé des hivers glacés, des étés étouffants, une révolution, une pandémie. À 63 ans, il enfilait encore sa combinaison de protection blanche, celle qui rendait chaque respiration difficile, et il conduisait. Ses collègues l’avaient surnommé « Vasile Chronomètre ». Avec lui au volant, l’ambulance gagnait systématiquement trois minutes sur le trajet. En urgence, trois minutes, c’est une éternité. Trois minutes, parfois, c’est une vie.
Une retraite aussi discrète qu’une carrière dans l’ombre
Son départ en retraite a été à son image : simple, sans fanfare. Ses collègues ont organisé un petit rassemblement dans le garage de la station. Un gâteau, quelques mots du chef, un diplôme encadré gravé de la mention « Pour 40 ans de dévouement ».
Vasile a retenu ses larmes pour ne pas montrer son émotion aux plus jeunes. Il a pris son diplôme, est monté dans son vieux Dacia Logan et est rentré chez lui. Quarante ans de service. Tout s’est terminé un banal mardi après-midi.