Un sondage mené dans les îles Mariannes montre que la majorité des consommateurs n’est pas consciente de ces dangers : 87 % des mâcheurs ignoraient que la noix de bétel est cancérigène. Deux décennies après sa classification comme substance cancérigène, la vente de la noix est encore peu réglementée, et les avertissements sanitaires sont rares.
Les mesures pour limiter la consommation
En 2013, une loi à Port Moresby tentait d’interdire le commerce de la noix de bétel, en raison de ses risques pour la santé, mais aussi à cause des salissures causées par la salive rouge dans les rues, ce qui, en plus de ternir l’image de la ville, pouvait contribuer à la propagation de la tuberculose. La loi interdisait la vente et la consommation de la noix dans les lieux publics et limitait la quantité transportée dans la capitale.
Pour de nombreux vendeurs, comme Margret Tarube Teka, la loi représentait une catastrophe économique. « J’ai dû me tourner vers la contrebande », confie-t-elle. Face aux critiques, l’interdiction a été levée en 2017, bien que des restrictions partielles soient revenues en 2023 dans certains quartiers de la ville.
Les défis de l’arrêt de la consommation
Pour réduire efficacement la consommation de noix de bétel, les chercheurs travaillent sur des programmes de sevrage. Thaddeus Herzog, chercheur à l’Université d’Hawaï, s’inspire des méthodes de cessation du tabac pour concevoir des programmes adaptés. Cependant, l’absence de traitements pharmacologiques complique le processus, la recherche étant en retard par rapport à celle sur le tabac.
David Taim, qui a réussi à arrêter de fumer, trouve cependant plus difficile d’abandonner la noix de bétel, même s’il connaît bien les risques. Son propre père a survécu à un cancer de la bouche, mais malgré cela, Taim n’a jamais réussi à cesser définitivement de mâcher ces noix.