Les influences étrangères ne s’arrêtent pas là. L’affaire Huawei révèle des tentatives d’approche auprès d’eurodéputés pour promouvoir la 5G chinoise, malgré les risques d’espionnage. Des invitations à des dîners et des voyages ont servi de leviers, illustrant une forme de corruption plus subtile mais tout aussi dommageable.
L’influence omniprésente des lobbies
Bruxelles est la deuxième capitale mondiale du lobbying, après Washington DC, avec environ 50 000 lobbyistes pour seulement 705 députés européens. Cela représente plus de 70 lobbyistes par élu, une pression constante exercée par des géants comme les GAFAM, Big Pharma ou les compagnies pétrolières. Selon l’observatoire Corporate Europe, ces groupes dépensent 1,7 milliard d’euros par an pour influencer les lois.
Le retour sur investissement est impressionnant : une étude indique un rendement de 441 % pour les grandes entreprises. En investissant dans le lobbying, elles obtiennent des avantages fiscaux ou des régulations favorables. Les lobbyistes rédigent même des amendements législatifs, qui sont souvent copiés-collés dans les textes officiels. Ils financent des études biaisées pour promouvoir des produits controversés, comme le sucre ou le gaz, en les présentant comme bénéfiques.
Si un élu résiste, une autre stratégie entre en jeu : les portes tournantes. De nombreux anciens commissaires ou députés rejoignent les entreprises qu’ils régulaient auparavant. Par exemple, José Manuel Barroso, président de la Commission de 2004 à 2014, a été recruté par Goldman Sachs juste après son mandat. Cette banque était impliquée dans la crise financière de 2008 et le maquillage des comptes grecs. De même, Neelie Kroes, ancienne commissaire à la concurrence, a intégré Uber. Ces conflits d’intérêts structurels minent l’impartialité des décisions européennes.