Le monde continue, sans vous
L’hôpital obéit à une logique qui lui appartient. Les gestes précis de l’infirmière qui ajuste la perfusion, le médecin qui traverse le couloir avec assurance, les allers-retours feutrés des blouses blanches… Cet univers s’organise avec une régularité mécanique. Et le patient, lui, observe cette mécanique tourner sans vraiment y prendre part.
Même les yeux fermés, impossible d’y échapper. Ce rythme s’impose, insistant, répété sans relâche. On ne compte plus les heures mais les poches de perfusion et les passages pour les médicaments.
Entre douleur et antidouleurs, un équilibre incertain
La douleur ne s’installe pas durablement. Elle déferle par vagues, puis recule, laissant derrière elle une fatigue difficile à formuler. Les antalgiques accomplissent leur mission — imparfaitement, mais honnêtement. Ils atténuent sans supprimer, mettent à distance sans vraiment libérer.
Par instants, un souvenir précis remontait — une image nette, un parfum reconnu — avant de se dissoudre dans le brouillard des médicaments. Suspendue entre deux états, entre deux instants. Ni tout à fait présente, ni tout à fait absente.