“Même si c’est un virus connu…” : la peur sur l’hantavirus grandit, le Dr Jimmy Mohamed fait une mise au point

“Même si c’est un virus connu…” : la peur sur l’hantavirus grandit, le Dr Jimmy Mohamed fait une mise au point

Hantavirus Andes : pourquoi les experts écartent le scénario d’une pandémie mondiale

Même tonalité du côté de l’infectiologue Karine Lacombe. Invitée sur RTL ce mardi 12 mai, la spécialiste dont on connait très bien le visage depuis 2020 s’est voulue très rassurante : « On ne devrait pas avoir d’épidémie d’ampleur. » Contrairement au Covid-19, l’hantavirus Andes présente en effet des caractéristiques bien différentes. Ce virus, découvert après un épisode survenu pendant la guerre de Corée dans les années 1950, circule depuis longtemps dans certaines régions du monde, notamment en Asie et en Amérique du Sud. Il est principalement transmis à l’être humain par des rongeurs sauvages infectés, via leurs excréments, leur urine ou leur salive.

La contamination survient généralement lorsqu’une personne inhale des poussières contaminées. Parmi les nombreuses souches d’hantavirus recensées, seule la souche Andes peut se transmettre d’humain à humain, précise le Huffington Post . Mais là encore, les conditions nécessaires seraient très particulières. Virginie Sauvage, responsable du Centre national de référence des hantavirus à l’Institut Pasteur, explique auprès du média que cette transmission « nécessite des conditions très particulières de proximité, de promiscuité ou un terrain de fragilité de la personne exposée ». Une contagiosité bien moindre que celle observée avec le Covid-19.

Le professeur Gilles Pialoux, chef du service des maladies infectieuses et tropicales à l’hôpital Tenon, va même plus loin. Invité sur BFMTV-RMC ce mardi 12 mai, il affirme pouvoir « balayer l’idée d’une pandémie »« On n’est pas dans une crainte de pandémie, il y a beaucoup d’éléments qui vont contre l’idée d’une pandémie », insiste-t-il. Selon lui, la situation observée sur le MV Hondius résulterait d’une combinaison d’événements rares : la promiscuité du bateau, la présence potentielle de « super-spreaders » – des personnes contaminant davantage que d’autres – et un virus dont la transmission interhumaine reste exceptionnelle.

Le spécialiste rappelle également qu’une étude scientifique publiée en 2020 sur un foyer d’hantavirus en Patagonie montrait que la transmission se faisait « à 75 % par contact proche ». Quelques cas de transmission par aérosol avaient bien été recensés, mais dans des circonstances très spécifiques. « Rien à voir avec le Covid, martèle Gilles Pialoux. Là, la contagion est moindre. » Si les autorités sanitaires continuent donc de surveiller étroitement la situation, les experts appellent pour le moment à éviter les raccourcis alarmistes.

Depuis quelques jours, le mot « hantavirus » s’est imposé dans l’actualité. Après la confirmation de trois décès à bord du bateau de croisière MV Hondius au mois d’avril, et l’admission à l’hôpital parisien Bichat d’une Française présente sur le bateau, testée positive à son retour et dont l’état de santé s’est depuis dégradé, toutes les théories font surface, aussi bien sur les plateaux de télévision que sur les réseaux sociaux. Certains internautes redoutent déjà le retour des masques et du confinement. En France, les autorités ont annoncé un durcissement des mesures d’isolement concernant les passagers rapatriés du bateau et le fait que tous les cas contacts doivent désormais être placés en quarantaine renforcée à l’hôpital.

PUBLICITÉne qui rappelle forcément les débuts de la crise sanitaire de 2020. À l’époque, le Covid-19, causé par le coronavirus Sars-CoV-2, s’était propagé à travers le monde en quelques semaines seulement, jusqu’à être qualifié de pandémie par l’Organisation mondiale de la santé, le 11 mars 2020. Mais cette fois-ci, les spécialistes insistent : la situation est très différente. « L’hantavirus n’est pas un nouveau Covid », rappelle l’Organisation mondiale de la santé. Un message partagé par plusieurs infectiologues et médecins ces dernières heures. Sur RTL ce lundi 11 mai, le Dr Jimmy Mohamed a notamment appelé à la prudence sans céder à la panique. Sur Instagram, où il a relayé sa chronique radio à ses quelque deux millions d’abonnés, le médecin a tenu à rassurer : « Il faut être prudent et faire attention à ce qu’on dit car même si c’est un virus connu, il y a plein de choses que nous ne savons pas à l’heure actuelle. »
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