Ce comportement que les parents pensent bénéfique peut en réalité avoir de lourdes conséquences sur les enfants
Or c’est justement là que beaucoup de parents se trompent. Comme le rappelle Cheryl Donaldson, thérapeute conjugale, dans un article publié sur Le Journal des Femmes, l’anxiété fait partie de l’apprentissage. Autrement dit, elle est à la fois nécessaire et inévitable dans la construction de l’enfant. Elle explique : “L’anxiété est le mécanisme par lequel notre corps nous indique que nous devons agir d’une manière ou d’une autre… ou, dans le cas des enfants, l’anxiété leur dit : ‘C’est une nouvelle compétence dont j’ai besoin. C’est une nouvelle expérience’”.
Ainsi, rassurer systématiquement son enfant dès lors qu’il ressent de l’anxiété ne serait en réalité pas lui rendre service pour l’avenir. À long terme, en grandissant, il risque ainsi d’avoir beaucoup de difficultés à faire face aux situations stressantes, et cela pourrait même amplifier davantage son anxiété. La solution, selon les spécialistes, réside dans le fait d’éviter l’évitement ! Hannah Scheuer, travailleuse sociale clinicienne, met d’ailleurs les parents en garde : “Si nous cédons, nous ne ferons qu’empirer les choses. Céder, c’est en réalité permettre l’évitement.”
Que faire quand un enfant se bloque ?
En effet, en écartant systématiquement son enfant d’une situation face à laquelle il se sent anxieux, il finira par associer son malaise à quelque chose qu’il faut fuir absolument. Mais alors, que faire lorsque son enfant se bloque face à une situation ? Selon les spécialistes, l’idéal est d’adopter une posture équilibrée sans pour autant minimiser ce que ressent l’enfant. L’objectif ici est de l’accompagner en l’aidant à traverser ses émotions de manière constructive, sans les éviter.
Laura Buscemi, spécialisée dans l’accompagnement des enfants, décrit cette approche comme un processus en trois étapes clés : “Nous devons valider, nous devons réglementer et nous devons atténuer les risques”. Concrètement, cela signifie dans un premier temps que l’enfant doit reconnaître et accueillir son émotion sans la juger. C’est ensuite aux parents de lui donner les outils pour mieux la comprendre et l’aider à la réguler. Enfin, encourager son enfant à de petites prises d’initiative malgré son inconfort est un pas de plus vers davantage d’autonomie et de confiance en soi.
Les clés pour accompagner son enfant
À noter que cela ne se fait pas en un jour et demande de la patience et de la régularité de la part des parents. En revanche, si le degré d’anxiété est tel que votre enfant voit son quotidien ou son sommeil perturbé, consulter un professionnel peut s’avérer nécessaire.
Enfin, les spécialistes rappellent que les parents jouent un rôle essentiel dans ce processus. Au-delà d’accompagner leur enfant, ils représentent également un modèle au quotidien à ses yeux. En apprenant soi-même à gérer son stress face à des situations difficiles, en l’exprimant, l’adulte montre à son enfant que l’anxiété n’est pas une fin en soi. Il comprendra alors qu’elle peut être vécue par d’autres, traversée et même surmontée.