Puis un appel d’un numéro inconnu. Basile était décédé subitement, terrassé par un AVC.
La lecture de son testament a eu lieu chez le notaire, dans le 7e arrondissement. Je suis arrivée en avance, vêtue de noir, sereine. Je me suis dit que je devais garder la tête froide.
Et pourtant, je n’étais pas prête à voir ma mère entrer.
La lecture du testament et un sourire déplacé
Elle entra d’un pas assuré, ses talons résonnant sur le parquet comme un métronome. Elle parcourut la pièce du regard, comme si elle choisissait déjà ce qu’elle emporterait. Lorsqu’elle me remarqua, elle sourit – un sourire pragmatique, comme si les années n’avaient jamais existé.
Elle se pencha vers moi et murmura :
« Je savais qu’il nous laisserait quelque chose. Il se sentait toujours coupable. »
À cet instant, je compris une chose clairement : il n’avait aucune idée de ce qui allait se produire.
Elle s’attendait à des millions.
Je n’attendais que la vérité.
Le notaire s’attendait au silence et à la formalité.
Un euro symbolique
Le notaire entra, ouvrit le dossier et commença à lire le testament de Basile Montclar. Le sourire de ma mère s’élargit encore, presque machinalement.
Mon père arriva en retard, s’assit près d’elle et commença à murmurer des projets : des vacances, des maisons, des idées achetées avec de l’argent qu’il n’avait pas encore vu.
Le notaire poursuivit :
« À mon frère Armand Montclar et à son épouse Éléonore… »
Ma mère serra la main de mon père, prête à signer.
Puis la phrase qui brisa le silence :
« Je lègue à chacun de vous la somme symbolique d’un euro.»
Un silence pesant s’installa. Ma mère laissa échapper un rire nerveux, comme si…
Une plaisanterie qui a mal tourné.